Lors d’une matinée d’avril, le soleil commençait à pointer son museau au dessus de la forêt. Les percées de lumière se dessinaient sur le lit des feuilles qui était sous mes pieds. Je me suis installé face à un rayon comme si je prenais un peu d’énergie pour me réveiller. Les oiseaux chantaient de plus belle ce qui embellissait le moment.

Je me dirige vers une source d’eau qui surplombe l’Ellé et là, un reptile posé sur une pierre en train de prendre son bain de soleil. Tout doucement je m’approche de l’individu en faisant attention à ne pas le déranger. Une hésitation me submerge car je pense tout de suite qu’il s’agit d’un orvet mais sa grande taille me fait totalement  douter.

De plus près, j’arrive à distinguer tous les critères de détermination et effectivement, il s’agit d’un orvet. C’était une premier pour moi d’observer un individu de cette taille il devait faire plus de 40 cm.

l’Ellé au niveau du Faouët

Maintenant je vais vous décrire ce reptile commun pour que vous soyez certain de ne plus le confondre

Description :

Orvet fragile

Il tient son nom car il a la faculté de perdre sa queue pour échapper à un prédateur comme la plupart des lézards. La nouvelle queue est plus sombre et plus petite qu’à l’origine et, une fois perdue, il ne pourra plus réutiliser cette faculté.  Alors attention, ne le prenez pas en main au risque de le stresser et de lui faire perdre sa queue.

Très souvent confondu avec un serpent, l’orvet est bel et bien un lézard sans patte –  ou plutôt avec des reliques de pattes.  A l’instar des serpents, l’orvet possède des paupières mobiles qui lui permettent de cligner des yeux. Le serpent  a quant à lui des paupières transparentes comme des lentilles.

Il peut mesurer de 30 à 40 cm et en regardant la biblio, je me suis aperçu qu’il pouvait atteindre les 57 cm ce qui est exceptionnel !

Orvet fragile

Il est plutôt facile de différencier les femelles des mâles car les femelles ont deux bandes sombres des deux côtés du corps alors que le mâle est uni.

Ces écailles sont d’aspect luisant car il aime les habitats chargés d’humidité comme les forêts, les  bords de ruisseaux, les lisières de bocage, les prairies denses ou encore nos potagers. Sa grande variété d’habitat nous permet de le rencontrer un peu partout. C’est une espèce fouisseuse qui creuse ses propres galeries mais qui peut également être plus opportuniste lorsqu’elle occupe les galeries des rongeurs. L’orvet passe la mauvaise saison à hiberner dans ces mêmes galeries qu’il aura pris le temps de reboucher de terre et de mousse.

service écosystémique et protection:

L’orvet est un excellent  auxiliaire de culture car son régime alimentaire se compose de gastéropodes, lombrics, limaces,  insectes, etc. Vous l’aurez donc compris, il est très intéressant dans un jardin.

D’autre part, c’est une espèce protégée au niveau national, il est donc interdit de le tuer. Il est souvent victime de personne peu scrupuleuse qui le tue en pensant avoir affaire à un serpent. J’en profite pour vous rappeler que les serpents sont également protégés et très utiles dans nos écosystèmes. Il faut de tout pour faire un monde.

Si vous souhaitez favoriser votre espace naturel ou votre jardin il faut avant tout avoir des haies, des tas de végétaux en décompositions, compost, des herbes hautes et la règle n°1 sans produit phyto.

A bientôt