Je vous embarque dans les profondeurs pour vous présenter un poisson qui vit dans nos eaux bretonnes mais surtout, un poisson qui est très méconnu du grand public. Prenez vos masques et tubas, cet article vous plongera tout près de nos côtes aux côtés de l’énigmatique poisson lune.

Amoureux de la vie sauvage, j’aime me perdre régulièrement dans les livres et reportages qui décrivent notre biodiversité. Celle qui me touche le plus est bien évidemment celle qui nous entoure, celle de notre région : en effet, je suis toujours fasciné de découvrir des espèces proches de chez moi avec des particularités méconnues et extraordinaires.  Tout m’intéresse, qu’elle soit marine, terrestre ou aérienne, je reste stupéfait de l’évolution des espèces qui savent s’adapter à leur milieu.

Aujourd’hui je m’intéresse à une espèce qui semble tout droit sortie des profondeurs : Le poisson Lune

Ma première rencontre avec cet individu a eu lieu dans les courreaux de Groix il y a maintenant plusieurs années. Nous étions à l’arrêt à bord d’un bateau quand nous avons vus une nageoire dorsale s’agiter en dehors de l’eau. (Soit dit en passant, il s’agit du meilleur comportement le plus opportun pour déceler la présence de ce poisson).

©Sylvain Reyt

Notre bateau s’est laissé dériver en sa direction pour nous permettre d’admirer ce poisson en plein bain de soleil. Nous pouvons supposer qu’il était en train de se thermo-réguler ou de se faire déparasiter par les oiseaux !

Oui oui vous avez bien lu !

Les interactions biologiques de cette espèce sont très singulières.

Ma dernière rencontre avec le poisson lune s’est déroulée lors d’une sortie naturaliste avec Sylvain de Faune Océan où j’ai été embarqué à ses côtés en tant qu’observateur. Si vous aussi vous souhaitez observer la faune marine, aucune hésitation,  foncez pour participer à une belle expérience. Rendez vous sur son site internet !

L’observation s’est faite dans les mêmes conditions : sa nageoire dorsale à permis de déceler sa présence. C’est toujours un moment fort avec la faune sauvage, car le poisson à un œil très communicatif.

©Sylvain Reyt

Le poisson de tous les records :

  • Il détient le record de croissance, effectivement les œufs du poisson font parti du plancton quand ils sont expulsés et mesure moins de 2mm. A l’âge à adulte, cette espèce peut peser 2 tonnes.

 

  • De plus, la stratégie R qu’a choisie cette espèce lui a permis de grimper encore une nouvelle fois sur le podium. C’est l’espèce qui a la plus grande fertilité chez les vertébrés avec pas moins de 300 millions d’œufs.

 

  • Une quarantaine d’espèce de parasites vivent au dépend du poisson lune. C’est pour cela que les plongeurs peuvent souvent l’apercevoir à la vertical et au ralenti pour se faire déparasité par d’autre poissons. Aussi, Il réalise des bains de soleil pour se thermo réguler et pour se faire déparasiter par les oiseaux marins.

 

  • Son alimentation est composée de poissons, crustacés et de beaucoup de méduses pour les premières années. Quand les poissons sont plus âgés leur régime alimentaire devient exclusivement de méduse. Pour l’anecdote, un adulte doit trouver 70 kg de méduse par jour !

 

  • Le mola mola vit sur tous les continents excepté les deux pôles et utilise tous les étages marins. Je m’explique : au début de sa vie le poisson lune reste près de la côte où il est facile de l’observer mais plus il vieillira, et plus ses mœurs changeront. En effet, il devient pélagique avec l’âge et peut alors plonger à 500 m de profondeur pour aller dans les abysses. Il devient donc difficile d’observer des individus de grande taille.

 

Pour conclure, de nombreuses menaces pèsent sur lui :

De par sa grande taille, il est fréquemment percuté par les plaisanciers qui vont à vive allure et qui ne prennent pas le temps d’observer. De plus, il est très régulièrement pêché accidentellement dans les filets et rejeté. D’autre part, vous n’êtes pas sans savoir que le plastique regorge dans la mer. Le poisson lune peut être trompé par ses déchets, qui ressemblent bien souvent, une fois sous l’eau, à des méduses, son plat principal.

J’en ai fini avec la description de cette espèce. J’espère vous avoir fait découvrir un nouvel animal insoupçonné qui peuple nos océans. Il y a tant de choses à découvrir à deux pas de chez nous !

Je vous dis à très vite pour de nouveaux partages naturalistes.

A très vite,

Maël de Nature et Sac à Dos